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Catalogue

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Tchinguiz Aïtmatov

Le premier maître

Aïtmatov est né en 1928. Ses premiers récits furent publiés alors qu’il étudiait encore à l’Institut agricole de Kirghizie. En 1958 il termina ses hautes études littéraires à Moscou et publia Djamilia qui consacra son immense talent et fit l’objet d’un film.
Trois nouvelles composent Le premier maître.
« Mon petit peuplier » (1961)
Les difficultés surgissent après l’union de deux amants ; la liaison fortuite du héros avec une femme qu’il n’aime pas détruit leur bonheur. Le passé projette son ombre. Ce récit d’un amour perdu est plein de poésie d’étonnante fraîcheur.
Dans « L’œil du chameau », Aïtmatov place au premier plan le thème de la personnalité. Un jeune garçon s’adonne de toutes ses forces au défrichement de terres vierges. Il ne craint pas les éléments déchaînés , mais il a oublié les hommes avec lesquels il lui faudra travailler, leurs divergences de points de vue et de caractères. C’est ce confit entre le jeune enthousiasme et la réalité multiforme et rude des terres vierges qui concentre l’intérêt du récit.
« Le premier maître » (1962, porté à l’écran)
Nouvelle toute imprégnée de l’arôme des steppes ardentes qui tapissent les contreforts du Tian-Chan, où vivent, travaillent et aiment les contemporains d’Aïtmatov. L’auteur y raconte les pauvres et émouvants débuts du socialisme dans un village de Kirghizie.

Extrait

Mon petit peuplier :

–Vous partez maintenant ? Emmenez-moi, s’il vous plaît, jusqu’à
Rybatchié, demandai-je au chauffeur.
Il tourna la tête, jeta un bref coup d’œil par-dessus son épaule, puis
se redressa et me dit calmement :
– Non, agaï (1) , je ne peux pas.
– Je vous en prie. Il s’agit d’une afaire urgente, on me convoque à
Frounzé.
Le chaufeur, de nouveau, me jeta un coup d’œil maussade.
– Je comprends, mais ne m’en veuillez pas, agaï, je ne prends personne.
J’étais étonné. La cabine était vide, qu’est-ce que cela pouvait bien lui faire de prendre quelqu’un ?
– Je suis journaliste. Je suis très pressé. Je paierai ce qu’il faut…
– Il ne s’agit pas d’argent, agaï (1), me coupa brusquement le chauffeur, et il envoya un coup de pied furieux dans sa roue, une autre fois je vous emmènerai pour rien. Mais maintenant… Je ne peux pas. Il ne faut pas m’en vouloir. Il va en passer des camions, vous pourrez choisir celui que vous voudrez, mais, moi je ne peux pas…J’en conclus qu’il devait sans doute prendre quelqu’un en route.
– Bon, et à l’arrière ?
– C’est pareil… Je m’excuse beaucoup, agaï.
Le chaufeur regarda sa montre et se hâta.
Extrêmement intrigué, je haussai les épaules et jetai un coup d’œil
interrogateur vers la gardienne, une vieille femme russe, qui, pendant
tout ce temps, nous observait en silence, derrière sa petite fenêtre.
Elle hocha la tête, comme pour dire : « N’insistez pas, laissez-le tranquille. » Bizarre. Le chauffeur se hissa dans sa cabine, planta une cigarette non allumée entre ses lèvres et mit le moteur en marche. Il était encore jeune, d’une trentaine d’années, un peu voûté et de haute taille. Par la suite je me souvins de ses grandes mains préhensiles, posées sur le volant, de ses yeux aux paupières abaissées et lasses. Avant de démarrer, il passa la paume de sa main sur son visage, et d’une façon étrange, avec un profond soupir, il regarda avec inquiétude droit devant lui, vers la route des montagnes.Le camion partit.La gardienne sortit de la maisonnette. Elle voulait de toute évidence me consoler.
– Il ne faut pas vous faire du souci, tout à l’heure, vous aussi, vous
partirez.

Je me taisais.
– Il a eu bien du malheur, le pauvre gars… C’est toute une histoire… À une époque, il vivait ici, chez nous, à la station de transit…
Je n’eus pas le temps d’écouter jusqu’au bout le récit de la gardienne.
Une Pobiéda arriva, et elle allait dans ma direction.

1. Littéralement, frère aîné ; formule de politesse envers un aîné (N.d.t).

 

Prix

17 €

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Caractéristiques

  • Pages : 290
  • Langue : français
  • ISBN : 9782370711328
  • Dimensions : 140 x 195 mm
  • Date de sortie : 14 octobre 2017

à propos de l'auteur

Author

Tchinguiz Aïtmatov (1928-2008) avait été révélé en France par Djamilia, (salué par Aragon comme « la plus belle histoire d’amour du monde ») ; livre auquel ont succédé de nombreux romans : Le premier maître, Il fut un blanc navire, Adieu Goulsary, Une journée plus longue qu’un siècle, Les Rêves de la Louve...

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